Relations internationales à l'ESPE

Les relations internationales mises en œuvre à l’ESPE s’intègrent dans le schéma général d’une politique développée par l’Université de La Réunion sous l’égide de sa Direction des Relations Internationales (DRI). En qualité de composante de l’Université de La Réunion, l’ESPE participe aux travaux de la DRI concernant par exemple la gestion des programmes ERASMUS ou toute autre action à dimension transversale (programmes d’échanges, de coopération universitaire en Europe et dans le reste du monde) pouvant impliquer les personnels et les étudiants de l’Université de La Réunion.

Parallèlement, une étroite collaboration prend place avec la Délégation Académique aux relations européennes et internationales et à la coopération (DAREIC) de l’Académie de La Réunion sur des projets de coopération touchant notamment la dimension formative ou scientifique en éducation. Le centre local du Centre International d’Etudes Pédagogiques (CIEP) représente également un partenaire privilégié dans le développement d’actions communes (expertises, formations, séminaires, colloques…). L’instauration de ce partenariat éducatif à l’échelon local dans le domaine de la coopération internationale se construit dans des travaux et réflexions communes associant également les collectivités locales (Conseil Régional de La Réunion, Conseil Général de La Réunion) et les représentants de l’Etat (Préfecture).

Périmètre géographique spécifique

Le positionnement ultra-périphérique de l’ESPE de La Réunion implique nécessairement une stratégie particulière en matière de relations internationales, en lien avec des considérations politiques et économiques qui caractérisent par ailleurs l’ensemble des réflexions amorcées au niveau de l’Outre-mer et des décideurs locaux. L’ESPE intervient ainsi dans le cadre d’un double processus d’échanges et d’orientation stratégique, d’une part vers la métropole, à travers l’ancrage de la formation des enseignants et de la recherche en éducation sur une dimension nationale et inter-académique, d’autre part vers l’étranger, à travers là aussi une double focale, en direction de la zone sud-ouest de l’Océan indien, et de façon plus large vers le reste du monde.

Le développement de relations internationales privilégiées dans la zone sud-ouest de l’Océan indien ne répond pas uniquement à des contraintes liées à la proximité des pays concernés (Comores, Madagascar, Maurice, Seychelles) et l’éloignement extrême des autres : il correspond également à une possibilité de confrontation positive et constructive à des modèles d’éducation et formation insulaires caractéristiques de différences et de similitudes avec le contexte réunionnais sur des dimensions linguistique, historique, culturelle, sociologique, économique…

Un second cercle de pays peut être dessiné en englobant d’une part l’Afrique du Sud et les pays voisins au sud-est (Kenya, Mozambique…) et dans une direction plus éloignée l’Asie et l’Océanie (Inde, Chine et Australie avec laquelle des échanges ont eu lieu de 2012 à 2014…). Cette ouverture est motivée par une relative proximité géographique mais aussi par l’accès à des contextes particulièrement attractifs du point de vue de la diversité culturelle et éducative.

Enfin, les deux dernières « zones » ne doivent pas être considérées comme non prioritaires mais relevant simplement d’horizons géographiques moins accessibles : l’Europe reste d’ailleurs privilégiée de par le statut de région ultra-périphérique (RUP) de La Réunion et le développement de nombreux programmes de l’Union europénne dans le domaine éducatif ; les Amériques du Nord et du Sud représentent également des sources d’échanges potentiels, en raison du potentiel scientifique sans commune mesure développé par le Canada et les Etats-Unis en éducation, et des proximités linguistiques repérables dans le monde hispanophone.

Modalités et champs d’intervention

Les activités de l’ESPE sont centrées sur la formation des enseignants et des personnels du secteur socio-éducatif et s’appuient en filigrane sur l’éclairage apporté par une contribution scientifique en lien avec le champ de l’éducation et de la formation. De façon schématique, les actions inscrites dans les relations internationales concernent potentiellement :les futurs enseignants ou éducateurs accueillis en formation initiale (stages de découverte ou de professionnalisation, interventions de partenaires internationaux dans la formation…) ;

- les personnels de l’ESPE (formations assurées à l’étranger ou à destination de publics étrangers accueillis à La Réunion, mobilité…) ;
- les chercheurs de l’équipe ICARE, de par leur participation à des manifestations scientifiques à l’étranger (colloques, projets, expertises…);
- l’ensemble de l’ESPE pour l’organisation de manifestations à caractère international (colloques, séminaires…);

Ces différentes modalités d’interventions sont parfois imbriquées les unes aux autres, permettant éventuellement de réaliser des économies d’échelles mais aussi de concourir à une mobilisation inter-disciplinaire ou inter-statutaire particulièrement porteuse en termes de développement des échanges, de la coopération, et in fine de la contribution à l’amélioration des processus d’enseignement et de formation.

Dans la pratique, la mise en œuvre de l’ouverture internationale préconisée et souhaitée dans le cadre de l’ESPE doit se caractériser par deux objectifs, d’ordre interne et externe.
Le premier objectif vise une sensibilisation à l’ouverture internationale dans les programmes de formation à travers des modules ou des interventions qui y sont dédiées, en lien avec les pré-requis des concours d’enseignements et des référentiels de compétences professionnelles.
Le second objectif se traduit par la nécessité, énoncée dans les programmes de coopération éducative de façon générale, de mettre en place un partenariat équilibré, sans vision asymétrique des échanges de type Nord-Sud, afin de valoriser la mutualisation et l’existence d’apports respectifs des uns et des autres.

Julie DUMONTEIL et Azzedine SI MOUSSA

Chargés de mission RI, ESPE de La Réunion